samedi 14 mars 2015

Vieilles bouteilles de VEP (3)

Suite et fin de cette série d’articles destinés à préciser la datation des bouteilles de VEP.

Courant des années 1980 / début des années 1990 - Pas de mention explicite
Pour cette période nulle année n’est clairement mentionnée sur le produit !
La contre étiquette est par conséquence revue, avec un texte décrivant le produit et la démarche de vieillissement. L'appellation V.E.P. et sa signification y font leur apparition. Sur l'étiquette la police du texte pour les ingrédients change (elle n'est plus cursive).
Bouteille post-1983. En haut à gauche le système d'encoches de datation, en bas à droite aucune indication...
Pour tenter d'affiner la datation, plusieurs cas de figures sont à distinguer. Chronologiquement :
  • Des encoches sur la contre-étiquette. Un système de datation par encoches était utilisé pour les bouteilles de liqueurs jaunes et vertes durant une partie des années 1980. Chartreuse Diffusion disposait d’une carte permettant de les "lire" pour décoder la date de mise en bouteille. (En fait des encoches font leur apparition sur les dernières bouteilles de la précédentes périodes)
  • Des bouteilles sans encoche ni aucune indication de quelque sorte. Pas aisé à dater.
  • A la fin de cette période, mise en œuvre du code xxx pour les VEP (voir photo ci-dessous). En ajoutant 1084, année de fondation de l’ordre des Chartreux, aux 3 chiffres on obtient l’année de mise en bouteille.
La VEP de gauche fut mise en bouteille en 908+1084, soit 1992
1994 / aujourd'hui - Mise en bouteille en...
C’est de nouveau l’année de mise en bouteille qui est mentionnée de façon explicite sur la contre-étiquette et c'est encore le cas aujourd’hui. Au passage la mention "CHARTREUSE V.E.P." fait son apparition sur l'étiquette.
A noter des bouteilles "Dernière mise en bouteille du millénaire" en 1999, de jaunes et de vertes.
Enfin outre les traditionnels formats de VEP en litre et demi-litre, existent des flacons de 20cl (dont la bouteille a récemment été modifiée) et des jéroboams (3L).

 
Voir aussi :

dimanche 1 mars 2015

Vieilles bouteilles de VEP (2)

Si de nos jours (et de 1963 à 1975) l’année de mise en bouteille est précisée sur les V.E.P., il n’en a pas toujours été de même...

1975 / env. mi-1980’s - Mise en vieillissement dans nos foudres de chêne en l'an...
Changement non négligeable, on qualifie durant cette période les VEP selon leur année de mise en vieillissement, précisée sur la contre-étiquette. Qu’est-ce qui a bien pu motiver un tel changement ?
Cela peut d’ailleurs porter à confusion du fait de la durée de vieillissement. Ainsi une bouteille mise en fut en 1964 n’a été commercialisée que 11 ans plus tard.

Aperçu via deux contre-étiquettes aux polices de textes différentes





Durant cette période la présentation a évolué, les ingrédients figurent désormais sur l’étiquette agrandie pour l’occasion, ainsi que la contenance et la mention "Chartreuse Diffusion". Il existe également des mignonnettes sur lesquelles l'année de mise en vieillissement est précisée.

La présence du sigle "Sécurité Sociale" sur certaines bouteilles permet de déterminer que cette période se poursuit au moins jusqu'en 1983, date à laquelle la loi sur ces cotisations sur les alcools est votée. Enfin les dernières bouteilles de cette période que nous avons pu constater étaient mises en foudres en 1975...

VEP 37,5cl

Les VEP sont traditionnellement conditionnées en litre et demi-litre, les bouteilles ci-dessus font exception avec leurs 37,5cl.
VEP au format peu conventionnel. Les contre-étiquettes différent, ce serait trop simple... (Merci à Marc pour les photos)


Ce sont des bouteilles de chartreuse classiques mais bouchées de liège et revêtues de cire. La contenance est surajoutée sur l'étiquette, on peut voir qu'il s'agissait de celle d'un litre de VEP. Serait-ce là les premiers modèles de demi-format de VEP ? Si non, on peut conjecturer un manque de bouteilles de 50cl.
(A suivre...)

jeudi 26 février 2015

Vieilles bouteilles de VEP (1)

Les V.E.P., jaunes et vertes, tiennent une place toute particulière dans la gamme Chartreuse : de part leur Vieillissement Exceptionnellement Prolongé elles en constituent le fleuron. Leur présentation jusqu’à dans le conditionnement traduit cela, mais lancées en 1963, comme celle des autres liqueurs elle a évolué. Cet article donne des précisions pour affiner cela, en illustrant le propos de photos de flacons. Il ne sera pas ici spécifiquement question des cuvées commémoratives qui constituent encore un cas à part (et sont par nature datées).

Précision quant aux éléments de datation d’anciennes VEP

L'évolution dans la présentation de ces vieilles bouteilles se traduit par des changements des mentions sur l'étiquette, de son design mais aussi, et c'est ce qui les caractérise, par les pratiques de datation sur la contre-étiquette. On distingue plusieurs périodes...

1963 / 1975 - Mise en bouteille en l'an...
Les VEP sont lancées commercialement en 1963, l’étiquette est alors d’un design épuré et les mentions y sont réduites à leur strict minimum : "LIQUEUR FABRIQUEE A LA GDE CHARTREUSE" et la signature de Dom Garnier.
Lors de cette période, on date les liqueurs selon leur année de mise en bouteille (cf. ci-dessous) et comme par la suite il n'est pas fait mention explicitement de la durée de vieillissement.
Plus tard, vont apparaître les mentions du tirage alcoolique et le "D" sur l'étiquette. On les retrouve sur celle de la cuvée réalisée pour les Jeux Olympiques de Grenoble en 1968 (mais ce n'est pas systématique pour le "D" !). Parfois elles figurent en sur-ajout, de couleur rouge ou noire.

Les VEP sont numérotées... la plupart du temps !

Avec la création de Chartreuse Diffusion en 1970, disparaît la mention à la Compagnie française de la Grande-Chartreuse...
Bref, lors de cette première période, comme aujourd'hui c'est l'année de mise en bouteille qui apparaît sur le flacon, mais par la suite cela va changer et ainsi compliquer un peu les choses…
(A suivre…)

dimanche 8 février 2015

The drunken botanist

“Le botaniste ivre” est comme son sous-titre l’indique consacré aux plantes qui entrent dans la recette de boissons alcoolisées du monde entier. La démarche se veut didactique, à la croisée de la botanique et du savoir-vivre.
 
L’auteur, Amy Stewart, y fait preuve d’érudition en décrivant une longue série de plantes, herbes et épices divers, énumérant leurs propriétés et leur usage appliqué au domaine du bar et des préparations alcoolisées.
 
Bien entendu il y est question de chartreuse, mais pouvait-il en être autrement dans un tel ouvrage ? La liqueur des Chartreux est évoquée à multiples reprises, via l’énumération de certaines espèces végétales mais également au travers de recettes. Elle est mentionnée aux entrées correspondant aux plantes suivantes :
Mais un plus grand nombre d’espèces sont décrites comme entrant dans la composition des liqueurs à base de plantes. Un ouvrage instructif et bien présenté, mixant culture et boisson.

Voir aussi :

dimanche 25 janvier 2015

La Chartreuse fait son cinéma

Si on a déjà vu la Chartreuse dans le cinéma américain via Tarantino, elle n'en apparaît pas moins dans le 7ème Art made in France.

Razzia sur la chnouf - 1955
Dans ce film réalisé par Henri Decoin avec Jean Gabin et Lino Ventura, une Chartreuse est commandée dans un bistrot. On y aperçoit, furtivement une bouteille derrière le serveur.
 

Cet obscur objet du désir - 1977
Dans ce film de Luis Buñuel avec Fernando Rey, Carole Bouquet et Angela Molia, la Chartreuse est apprécié pour son côté “stimulant et aphrodisiaque”, dixit le major d’homme. On y voit très bien la bouteille mais ce n’est visiblement pas de la Chartreuse qui se trouve à l’intérieur.

Ma vie est un enfer - 1991
Dans ce film de et avec Josiane Balasko et Daniel Auteuil c’est le côté “fait par des moines” qui est mis en avant quand le diable en boit sans le savoir dans un cocktail et que la chartreuse lui procure un effet quelque peu indésirable... Et ici, pas de bouteille à l’écran.
 
[Article de Rodolphe, merci à lui]
Voir aussi :

mardi 30 décembre 2014

La distillerie Chartreuse va déménager

La question nourrissait les discussions en pays dauphinois depuis quelques mois, Chartreuse Diffusion vient d’annoncer l’emplacement de la nouvelle distillerie de sa fameuse liqueur.

Les raisons d’un changement
Les évolutions de la réglementation sur la production d'alcool vont contraindre les Chartreux à déménager leurs activités de distillations et de vieillissement de liqueur actuellement effectuées à Voiron et ce depuis 1935.
Étaient notamment en question les quantités des stocks liés au vieillissement et la mise en conformité du site de Voiron eut été trop coûteuse. Il n’est pas exclu de faire d’une contrainte une opportunité pour améliorer la fabrication en s’affranchissant des limites de la configuration des actuels locaux.


Une nouvelle distillerie à Aiguenoire
Aussi il est prévu de réaliser la production et le vieillissement des liqueurs dans un nouveau site, “La Grange des Chartreux” à Aiguenoire, un hameau situé sur la commune d’Entre-Deux-Guiers. Localisé à moins de 15 kilomètres du monastère de la Grande Chartreuse, le lieu accueille une grange étable des Chartreux datant du 17ème qui servait à l'approvisionnement en nourriture des moines. Il y a aussi deux étangs à l’origine utilisés par les Chartreux pour l’élevage de poissons.
A noter également que cette 5ème distillerie des Pères Chartreux se situera à quelques kilomètres seulement de l’ancien site de Fourvoirie.


Perspectives
Le site actuel de Voiron ne sera bien entendu pas abandonné pour autant : le musée, l’administration, l’embouteillage et l’expédition y resteront installés.
Les démarches liées au déménagement vont prendre du temps et la production sur le nouveau site ne commencerait pas avant 2018. Dans le récent reportage sur France 3, Dom Benoît évoque aussi le fait que ce changement sera l’occasion de moderniser les moyens de fabrication des liqueurs.

Voir aussi :

vendredi 26 décembre 2014

Campagnes publicitaires US des années 70

Voici deux campagnes promotionnelles réalisées par la société Schieffelin, important la chartreuse aux Etats-Unis dans les années 1970. Elles ont en commun d'être déclinées selon divers supports (encarts dans la presse, objets et accessoires promotionnels, PLV) et de durer plusieurs années.
 
Green Fire - approx. 1972/1973
Le feu vert, c'est ainsi qu'est présentée la liqueur verte aux consommateur américain en mettant en avant son titrage élevé. "Green Chartreuse, 110 proof... For men who like to play with fire" : pour les hommes qui aiment jouer avec le feu ! On voit la bouteille de liqueur nimbée de flammes vertes.
 
Dans cet esprit, cela se décline en une belle PLV - publicité sur le lieu de vente, dont il existe au moins deux modèles distincts.
"Green Fire, chartreuse on the rocks", cet accessoire peu commun est destiné à figurer sur le bar. Branché sur le secteur, il illumine la bouteille de liqueur verte que l'on pose dessus. Le jeu d'éclairage donne l'impression de flammes, une lueur verte se reflétant sur les facettes animées par l'arrière.

Swampwater - approx. 1973/1977
Cette campagne de grande ampleur, est fondée avant tout sur une recette de cocktail du même nom, à base de chartreuse verte, citron vert et jus d'ananas.
Avec un visuel représentant une figure de crocodile, "Let's have a swampwater party", ce long drink est servi dans un récipient particulier conçu pour l'occasion. La campagne fit l’objet d’une large diffusion et se traduisit par une forte hausse des ventes qui ne fut toutefois guère pérenne, le produit devant subir une certaine désaffection dans les années 1980.
 
On dénombre de multiples publicités et produits dérivés (verres, pichet, crocodile gonflable, etc.). Il est à noter que certaines font référence au "Green Fire", en prolongement de cette précédente campagne. Pour les collectionneurs, il existe des cartons avec des kits swampwater : lot de 12 verres, serviettes en papier, carte postales... Tout le nécessaire pour pratiquer une party !
 
Deux campagnes commerciales qui illustrent deux façon de consommer la chartreuse verte et qui en véhiculent une image bien différente !
 
Voir aussi :