lundi 21 août 2017

Voyage des Fous de Chartreuse 2017

Fin juin, les Fous de Chartreuse se rendirent dans le Dauphiné pour un voyage convivial placé sous le signe de leur liqueur favorite.
  
6 ans après
Une petite assemblée de vert et de jaune vêtue se retrouve devant la gare de Grenoble en ce dimanche matin. Depuis la précédente édition de ce qu'il convient de nommer le pèlerinage de Fous de Chartreuse, six années se sont écoulées. Entre temps la communauté a visiblement prospérée puisque cette année, ce seront deux fois une soixantaine de personnes - vignerons, cavistes, restaurateurs, sommeliers, etc. - qui auront le privilège de parcourir les terres de la Chartreuse. Outre l’intérêt partagé pour la Chartreuse et un programme aux petits oignons, c’est dans la diversité de ce groupe que se trouve une des richesses de ce voyage… Une fois l’équipée au complet, direction le col de Porte. Hôtel Cartusia, nous voilà.



Un programme très riche
Tel qu’annoncé par le courrier d’invitation ce sont deux journées bien chargées qui attendent les participants, entre visites et découverte de la région et bons moments partagés entre passionnés autour de leur dénominateur commun, la liqueur des Pères Chartreux :
  • Buffet montagnard pour débuter après une Chartreuse mule en terrasse sous les auspices de la fraîcheur ensoleillée des sommets. Belle ambiance d'office autours des tablées et au dessert avec l’ouverture de premiers beaux flacons par des convives, si bien l'on prît un peu de retard dès la première étape...
  • En bus, direction le désert de la Grande Chartreuse pour une visite express du musée de la Grande Chartreuse, suivie d’une promenade jusqu’au monastère et même, pour les plus courageux, une petite ascension jusqu’à la fameuse croix qui le surplombe. Un bol d’air frais et de silence. De retour au bus, nouveau retard, et comme diraient certains « Il n’y a pas de hasard »…
  • Découverte du chantier (en cours de finalisation) de la nouvelle distillerie à Aiguenoire. L’occasion d’avoir un aperçu des travaux et de la configuration des lieux et le privilège de bénéficier d’une visite commentée par Bertrand De Nève lui-même ! Ancienne ferme traditionnelle, nouvelles salles de fabrication de la liqueur, cave de vieillissement…  Ces nouvelles installations marquent un jalon dans l’histoire de la liqueur.
  • Retour à l’hôtel pour un apéritif à base de Chartreuse verte, Campari et élixir végétal avant de passer à table autour du grand loto présidé par le bon Philippe. Le diner made in Dauphiné  une fois conclu, les hostilités pouvaient débuter !
  • Comme le veut la tradition des Fous de Chartreuse, chacun a pris soins de ramener de beaux flacons à partager et à déguster. Ces présents disposés sur une table firent briller les regards et crépiter les flashs. S’en suivi une intense et prolongée séance de dégustation ponctué de commentaires et autres exclamations. On n’était pas loin de l’exégèse…
  • Les cruches d’eau de source n’y firent rien, le petit déjeuner commençait  à 7h… mais étonnamment personne ne commanda de Green Chaud.
  • Le lundi matin nous partîmes pour une toujours émouvante descente aux caves de Voiron. Nous avons l’occasion de rencontrer les hôtesses d’accueil et l’équipe des achats, toujours fort sympathiques. Et nous avons eu la chance de visiter la chaine d’embouteillage en activité et chacun pu cirer la flask de liqueur jaune remise à chaque participant pour l’occasion.
  • Dernier déjeuner à Grenoble pour un ultime moment convivial autour de la cuisine du Dauphiné qui nous a régalés ! Découverte du vin de noix  des Chartreux et de la gentiane nouvelle recette et nouvelle présentation. Le moment était venu de nous quitter sur le quai, avec une pensée pour Thierry qui à coup sûr aurait apprécié ces bons moments !
Mille mercis à Philippe et Bruno des caves Bossetti ainsi que Philippe Bonnard et Chartreuse Diffusion pour ce voyage riche en émotions et en très bons moments. Quant aux Fous de Chartreuse, rendez-vous le 7 octobre prochain !

NB : D'autres photos seront mises en ligne prochainement...

Voir aussi :

dimanche 2 avril 2017

Anciens objets promotionnels pour l'élixir végétal (2)

Suite avec cette fois des objets plus récents des années 1960...

Flask de poche
Ce kit semble conçu pour partir en randonnée : peu encombrant, un petit étui en pastique où sont insérés un flacon d'élixir en relief d'une contenance de 5cl, deux sucres et un beau dépliant recto-verso en couleur. "Spécialement conçu pour les sacs de dames, il est aussi utilisé pour le voyage, le sport, la montagne, la mer."
 

L'objet date de la période fin années 1950 - début années 1960 et on constate que le message publicitaire et la présentation visuelle se sont perfectionnés.

Porte-clés fiole miniature
Un minuscule flacon à bouchon à vis vert contenant de l'élixir végétal est attaché à un porte-clé, objet publicitaire alors très répandu. On rapporte l'anecdote suivante : il fallut les remplir manuellement, tache très laborieuse, et qui plus est une quantité disproportionnée de flacons auraient été commandés.

On retrouva certaines de ces fioles attachées au goulot de chartreuses vertes dans le cadre d'une campagne commerciale “La clé de la pleine forme". La forme de la bouteille avec son cabochon en relief permet d'en connaître la datation précise, à savoir 1964-1966... A noter le passage du titrage de 68 à 71°.
 
Dans les deux cas, c'est le produit lui-même qui constitue l'objet promotionnel !
 
A suivre, des flacons et conditionnements d'élixir peu communs...

Voir aussi :

dimanche 19 février 2017

Anciens objets promotionnels pour l'élixir végétal

A produit très particulier, des objets publicitaires parfois spéciaux, voire insolites, d'autant plus qu'ils commencent à dater...

Série de scènes illustrées à découper
Il s'agit de planches en couleur à découper puis à plier et assembler pour reconstituer des petites scénettes évoquant l'élixir végétal des Chartreux. Peu commune de nos jours, ces publicités-découpages l'étaient davantage autrefois.
Pour l'élixir végétal, on en dénombre au moins cinq. Une première série illustre : le monastère de la Grande-Chartreuse, l'explorateur Stanley, frère Charles distribuant l'élixir à dos d'âne, l'épidémie de cholera de 1832.
 
Consultez les versions numérisées de deux de ces illustrations - le couvent de la Grande Chartreuse et frère Charles et son âne - et essayez de les reconstituer chez vous !
Nous avions déjà évoqué un autre découpage représentant trois personnages, flacon en main, en train de prendre du bon temps dans le massif de la Chartreuse, avec le monastère en arrière-plan.
Toutes mettent en avant les qualités et propriétés du fameux élixir des Chartreux.
 
Jeu du bon guide
Une approche ludique avec ce jeu dont les règles ne nous sont pas parvenues. Il s'agit vraisemblablement pour nos trois randonneurs de parvenir jusqu'au monastère de la Grande Chartreuse en suivant le bon chemin tout en évitant les embûches de la montagne.

Le visuel est l'œuvre de Louis Gougeon, illustrateur ayant réalisé de nombreuses publicités dans les années 1920-1930. Au verso figure un recueil de propos et de témoignages sur l'élixir si savoureux qu'il fera l'objet d'un article spécifique...
A noter ce commentaire didactique apposé en bas du plateau :  "En cas de malaise, demandez à vos parents un morceaux de sucre imbibé d'élixir végétal".
 
Puzzles
Plus classique, des pièces de puzzle à assembler qui illustrent deux scènes : une nouvelle fois les bâtiments de la Grande-Chartreuse et l'épisode de l'armée des Alpes avec la liqueur jaune, qu'ils contribuèrent à populariser.
A noter que dans les deux cas on retrouve des scènes et thématiques qui s'inscrivent dans l'imagerie de la campagne publicitaire autour du Secret de la Chartreuse.
 
Sur les flacons représentés dans cet article on retrouve la double-étiquette caractéristique de la période de l'entre-deux-guerres.
 (A suivre...)
Voir aussi :

mardi 10 janvier 2017

Entretien avec Enric Olivé-Serret (2/2)

Suite de l’entretien avec le professeur Enric Olivé-Serret autour de la chartreuse de Tarragone, sa distillerie, ses vieux flacons et son histoire...

Parlez-nous un peu de la distillerie de Tarragona.
Toutes les installations renvoyaient une image très frappante. L’extrême propreté, le rangement impeccable, la qualité des matériaux ... tout se référait à l'ordre des Chartreux. Le travail bien fait et les ouvriers qui travaillaient plus au sein d’une famille que dans une simple entreprise. Cela était évident lors de la sanglante guerre civile espagnole, lorsque les révolutionnaires ont tenté de saisir l'usine et que les ouvriers les en ont empêché, affirmant qu'elle était en territoire français (sic). En contrepartie, ils ont promis d'envoyer de la Chartreuse à l'avant pour les combattants !!!

Des anecdotes ou souvenirs de dégustation particuliers ?
Dans les années soixante-dix du siècle dernier, les visiteurs se régalaient avec le fameux cocktail « Episcopal » avec de la chartreuse et du « cava » (vin mousseux AOC catalan). Evidemment tout le monde en sortait heureux. C’est d’ailleurs ce cocktail qui souhaitait la bienvenue aux visiteurs de l’exposition sur la Chartreuse qui fut réalisé au musée d’Histoire de Tarragone en 1994. Exposition et musée dont j’étais moi-même le responsable.

L'ouvrage est richement illustré avec notamment un ensemble de documents et de clichés de la distillerie.

 
Connaissez-vous des collections de vieilles bouteilles et objets anciens en Espagne ?
Depuis que la communauté des Chartreux s’est installée à Tarragone et élaborait ses distillats (pas seulement la Chartreuse), la liqueur se consommait tous les jours à Tarragone. Cette consommation a baissé à partir de 1970 laissant place à de nouveaux goûts importés d'Amérique. A partir du moment où les Chartreux ont cessé de produire à Tarragone, la passion des collectionneurs et les consommateurs s’est ravivée et s’est transformée en une authentique obsession pour beaucoup. A Tarragone, il y a des dizaines de collectionneurs et de grandes réserves dans les mains d’amateurs anonymes.

Comment voyez-vous le lien entre la Chartreuse et Tarragone aujourd'hui ?
Malheureusement, l'intérêt pour la Chartreuse, ses produits et les vestiges industriels sont arrivés bien trop tard à Tarragone, de sorte que la dépossession subie par le magnifique patrimoine industriel a empêché la création d'un centre d'informations sur la Chartreuse. Une fois de plus, nous étions en retard pour protéger le patrimoine collectif.
Enric Olivé-Serret
Tarragona, novembre 2016


Voir aussi :

lundi 19 décembre 2016

Entretien avec Enric Olivé Serret (1/2)

Enric Olivé Serret est l'auteur d'un livre de référence sur la chartreuse de Tarragone, à ce jour non édité en français et paru sous le titre "La Chartreuse de Tarragona. De la fàbrica al convent" ("La Chartreuse de Tarragone, de l'usine au monastère").
Originaire de la ville, l'auteur est aujourd'hui professeur à l'université de Tarragone.  Il a eu la gentillesse de répondre à nos questions sur sa démarche, les multiples liens entre la chartreuse et la ville de Tarragone et son histoire. Merci à lui.

D'où provient votre intérêt pour la Chartreuse et son histoire à Tarragone ? 
La Chartreuse a toujours été présente dans ma vie. Dès mon plus jeune âge, ma vie s’est déroulée autour de la distillerie des Pères Chartreux. Mon père était un employé de la maison du vin Müller, qui était située juste à côté de la distillerie, où je demeurais avec toute ma famille. Mes promenades et mes facéties se déroulaient toujours entre la distillerie des Chartreux et la maison Müller. Tout jeune, durant l’été, j’ai même servi de guide touristique pour les visites de la distillerie.
Dans les années quatre-vingt, en tant que jeune responsable politique de l'urbanisme à Tarragone, j'ai maintenu une relation étroite avec la communauté cartusienne à la Grande Chartreuse afin que la commune de Tarragone acquiert la magnifique « Fàbrica de Tarragone ».
Je me souviens avec une grande estime des Pères Chartreux de Tarragone qui, plus tard, se sont consacrés à conduire des expériences avec des plantes lyophilisées, pour lesquelles je m’empressais de servir de cobaye. Ce fut une étape de la communauté cartusienne concernée par l'alcoolisme et prompte à contribuer à lutter contre ce fléau.
Finalement, j’ai personnellement exercé le rôle d’entremetteur entre les Pères Chartreux et le gouvernement Catalan, afin que ce dernier acquiert la Chartreuse, ce qui fut le cas.

Pouvez-vous nous en dire davantage sur la démarche d'édition de votre livre (les recherches, la publication, les échos...) ?
À la suite de l'acquisition de la Chartreuse par le gouvernement, le ministre-conseiller Josep Gomis m’a chargé d’une étude et de l’édition de l’histoire de la Chartreuse à Tarragone, ainsi que de l'inventaire des fonds de la société qui était passée aux archives historiques de Tarragona.
Avec le photographe Joan Aberich, nous avons travaillé chaque recoin de l’enceinte cartusienne. La distillerie nous offrait des photos d’une grande intensité ; les jardins privés des Chartreux, abandonnés, nous renvoyaient une magnifique image romantique. Des chats aux alambics, des horloges aux vieilles bouteilles, des cellules à la chapelle ... tout a été parfaitement documenté. Dans le même temps, nous espérions offrir une belle représentation de l’enceinte.
La documentation des archives municipales, de l'archevêché et de la société Chartreuse ainsi que l'expérience d’anciens travailleurs, m'ont permis de connaître précisément l'histoire du bâtiment, de ses différents habitants et finalement de la communauté cartusienne.
A suivre…
Voir aussi :

lundi 5 décembre 2016

Dégustation automne 2016

Cette fois encore Phillipe et les caves Bossetti ont organisé dans les règles de l’art leur dégustation annuelle dédiée à la liqueur des Pères Chartreux. Comme d’habitude tous les éléments étaient réunis pour faire de cette journée un franc succès : un programme riche et complet, une affluence record et au final de très bons moments partagés…

Bref plein de bonnes choses, de la convivialité et des nouveautés pour cette édition 2016 : 
  • En dégustation, les cuvées de Fous de Chartreuse étaient à l’honneur avec pas moins de 4 mises différentes au format jéroboam. De quoi mener une comparaison affinée et prendre la mesure de leurs différences et subtilités. A noter que l’on savourait le dernier flacon de 3 litres de la très belle et verdoyante cuvée 2009.
  • Santa Tecla : pour découvrir l'édition 2016 des liqueurs jaunes et vertes, quoi de mieux que deux jéroboams en mise unique ?
  • Du côté du buffet, un menu toujours aussi alléchant avec de multiples mets à base de liqueur : gaspacho aux écrevisses, la grosse terrine de frère Tuck, les croques-chartreuses poilânes, les guimauves et chocolats cartusiens du Pain de Sucre... Mention spéciale au foie gras "Nacérazade et les 1001 nuits", excellent.
  • Une autre nouveauté, l’hilarante soucoupe du procureur général, l’occasion de mettre en avant l’élixir végétal dans ce genre d'événement et de le faire découvrir au plus grand nombre !
  • Laurent Bidot l’auteur de la récente bande dessinée Le Secret de la Chartreuse aux éditions Glénat présentait son ouvrage aux visiteurs et leur proposait de belles dédicaces illustrées. Merci à lui pour sa disponibilité.
  • Sur le stand du blog, échanges entre passionnés avant tout et sur la base d’un programme similaire à l’an dernier fondé sur des dégustations informelles autours des apports d’amateurs… Plusieurs bouteilles complémentaires au programme de la journée avec une mention spéciale à Alain P. qui gratifiât les amateurs d’une succulente Tarragone Jaune 1970's de sa collection. Merci Alain !
Un grand merci à Philippe, aux Caves Bossetti et à Chartreuse ! 

Voir aussi :

samedi 1 octobre 2016

La distillerie de Tarragone : de l’usine à... la Chartreuse

Nous avons évoqués les circonstances de l'installation des Pères Chartreux à Tarragone et de la liqueur qu'ils y produisirent une large partie du vingtième siècle. Intéressons-nous désormais à la distillerie en elle-même et à ses installations.

Une acquisition anticipée
Prévoyants, les Chartreux avaient anticipé les troubles qui en France allaient s'abattre sur les ordres religieux et fait l'acquisition des bâtiments de la place des Infants dès 1882 ! Ce auprès des Muller, importante famille de Tarragone, avec lesquels ils étaient déjà en contact pour se fournir... en eaux-de-vie ! Les origines de ces relations donnent matière à un article spécifique.

L'entrée de la distillerie, rue Smith, et le plan des lieux

 
Le bâtiment, ancienne usine de filature et de tissage, avec ses installations à vapeur et son moulin à vent métallique illustrait la révolution industrielle, alors sur le déclin. La venue des chartreux représentait un véritable enjeu pour l'économie locale.

Une distillerie qui est aussi un lieu de prière
Voici encore une des spécificités propres à la Chartreuse, certes en partie liée aux circonstances de leur exil, il s’agit de la double dimension des lieux, à la fois monastère et distillerie.
Si la communauté cartusienne a trouvé refuge à la chartreuse de Farneta en Italie, les frères en charge de la fabrication n'ont d'autre choix que de veiller au respect de leurs vœux à l’ordre de St Bruno sur place. Les bâtiments tarragonais vont donc voir se côtoyer installations productives et lieux dédiés à la prière et au recueillement. Ainsi en est-il de la belle chapelle avec ses tommettes et ses boiseries, des cellules des Chartreux, du cimetière et des jardins. De là une proximité parfois étonnante
 
Jardins de la Chartreuse avec la statue de la Mare Déu de Scala-Dei
Une autre spécificité est la présence d'une laboratoire de pharmacie, déjà évoqué en lien avec la production de l'élixir végétal et autres produits…

A suivre, les installations de fabrication de liqueur illustrées de photographies d’époque, entre autres…

Voir aussi :